Gazon anglais : inconvénients à connaître avant de choisir ce type de ray-grass pour votre jardin

Niveler un terrain avec une palette : guide pratique et astuces simples pour un jardin parfait
Points clésDétails pratiques
Entretien contraignantPrévoir 3-4 heures hebdomadaires pour 200 m², avec tonte fréquente et scarification obligatoire.
Consommation d’eau excessiveNécessite 6-8 litres/m²/jour en été, soit environ 700 m³ annuels pour surface modeste.
Impact environnemental négatifUtilisation régulière d’engrais et produits chimiques perturbant l’écosystème et la biodiversité du jardin.
Vulnérabilité climatiqueJaunit dès 25-30°C et résiste mal au gel prolongé sous -15°C.
Sensibilité aux maladiesPrédisposition à la fusariose, au fil rouge et autres pathologies nécessitant des traitements.
Alternatives recommandéesPrivilégier la fétuque, les prairies fleuries ou les couvre-sols comme le trèfle nain.

Étant professionnel travaillant quotidiennement avec différents types d’aménagements extérieurs, je constate que le gazon anglais séduit par son aspect impeccable.

Pourtant, avant de vous lancer dans ce type d’installation pour votre jardin, il est essentiel de connaître les contraintes associées à ce ray-grass si particulier.

Depuis mes 15 années d’expérience sur le terrain, j’ai pu observer que ce choix n’est pas toujours adapté à tous les jardins, notamment dans notre région toulousaine où les étés peuvent être particulièrement éprouvants pour les pelouses.

Le gazon anglais, principalement composé de ray-grass anglais, représente pour beaucoup l’idéal d’une pelouse parfaite. Néanmoins, je vois régulièrement des propriétaires déchanter face aux exigences d’entretien considérables qu’il impose. Selon les données recueillies par les experts en horticulture, ce type de gazon nécessite entre 25 et 30 tontes annuelles, soit un rythme d’une à deux fois par semaine en pleine période de croissance.

La scarification, opération indispensable pour éliminer la mousse et aérer le sol, doit être réalisée plusieurs fois par an, généralement au printemps et à l’automne. À cela s’ajoute la nécessité d’apports en engrais fréquents, environ 3 à 4 fois par an, représentant un coût non négligeable de 80 à 120 euros annuels pour seulement 100 m².

L’autre point critique concerne la consommation d’eau. Je constate régulièrement que les propriétaires sous-estiment ce facteur :

  • Besoin de 15 à 20 litres par m² et par semaine en été
  • Environ 2000 litres hebdomadaires pour une surface de 100 m²
  • Jusqu’à 12 000 litres d’eau annuels pour maintenir 100 m² en bon état
  • Nécessité d’arroser 2 à 3 fois par semaine durant les périodes chaudes

Ces chiffres peuvent sembler abstraits, mais lors des restrictions d’eau de l’été 2022, nombreux sont mes clients qui ont vu leur pelouse anglaise complètement grillée. L’installation d’un système d’arrosage automatique devient souvent indispensable, ajoutant un investissement initial de 300 à 800 euros selon la surface à couvrir.

La vulnérabilité du ray-grass anglais face aux aléas climatiques constitue l’un de ses défauts majeurs pour nos jardins méridionaux. J’observe quotidiennement les difficultés que rencontrent les propriétaires durant les étés caniculaires qui se multiplient. Dès que le thermomètre dépasse les 30°C, la croissance du gazon ralentit considérablement. Au-delà de 38°C, phénomène devenu courant dans notre région toulousaine, le gazon entre en dormance et jaunit rapidement.

Les périodes prolongées de sécheresse peuvent provoquer un dépérissement définitif de certaines zones. À l’inverse, les gelées importantes (inférieures à -15°C pendant plusieurs semaines) peuvent également causer des dommages irréversibles. Cette sensibilité aux températures extrêmes rend ce type de pelouse particulièrement inadapté aux régions méditerranéennes, continentales ou montagnardes.

Le gazon anglais présente également une forte sensibilité aux maladies. Voici un tableau comparatif des principales pathologies affectant ce type de pelouse :

MaladieConditions favorablesImpact sur le gazon
FusarioseTemps humide et chaudTaches circulaires jaunâtres
Fil rougeHumidité élevéeColoration rougeâtre des feuilles
HelminthosporioseChaleur et humiditéTaches brunes sur les feuilles
RouilleÉté chaud et humidePoudre orangée sur les feuilles

Sur les pelouses que j’entretiens, je constate que ces maladies nécessitent souvent des traitements fongicides coûteux, augmentant encore le budget d’entretien annuel.

Gazon anglais : inconvénients à connaître avant de choisir ce type de ray-grass pour votre jardin

Face à ces nombreuses contraintes, je recommande régulièrement à mes clients d’envisager des alternatives plus adaptées à notre climat. La fétuque élevée, par exemple, offre une bien meilleure résistance à la sécheresse tout en nécessitant un entretien nettement réduit. Son système racinaire profond lui permet de puiser l’eau plus efficacement, limitant les besoins d’arrosage.

Les mélanges associant plusieurs espèces de graminées présentent également des avantages considérables. Un mélange comportant du pâturin des prés, de la fétuque rouge et une petite proportion de ray-grass anglais offre un bon compromis entre esthétique et facilité d’entretien. La diversité des espèces augmente la résilience face aux maladies et aux conditions climatiques variées.

Le trèfle blanc nain constitue une option particulièrement intéressante :

  1. Il ne nécessite aucune fertilisation grâce à sa capacité à fixer l’azote atmosphérique
  2. Sa résistance naturelle à la sécheresse réduit considérablement les besoins en eau
  3. Il supporte bien le piétinement modéré
  4. Il demeure vert même en périodes chaudes

Pour les zones moins fréquentées, la prairie fleurie offre une alternative écologique nécessitant seulement 2 à 3 tontes annuelles. Elle favorise la biodiversité en attirant pollinisateurs et insectes auxiliaires, contrairement au gazon anglais qui crée un véritable désert biologique.

Ces alternatives permettent de réduire drastiquement l’impact environnemental négatif du gazon traditionnel. Le ray-grass anglais nécessite non seulement une utilisation importante d’eau et d’engrais, mais aussi fréquemment des produits phytosanitaires potentiellement polluants pour les nappes phréatiques. Les émissions de CO₂ liées à l’utilisation régulière de tondeuses et autres équipements d’entretien ne sont pas non plus négligeables sur une année.

En définitive, si l’esthétique du gazon anglais reste séduisante, ses nombreux inconvénients en font un choix discutable pour la plupart des jardins modernes, particulièrement dans nos régions où l’eau devient une ressource de plus en plus précieuse.

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